En 2007, les « Rencontres Méditerranéennes Albert Camus » ont consacré leur XXIVe « Journées de Lourmarin » aux relations d’Albert Camus avec les dissidents des pays de l’Europe de l’Est pendant la guerre froide.
Ce volume réunit une dizaine d’interventions faites par d’anciens dissidents et par d’autres témoins des pays concernés, par des exilés qui ont gardé un vif souvenir de son appui en faveur de ceux et de celles qui se trouvaient en danger d’être écrasés par le stalinisme et ses manifestations nationales dans les pays satellites de l’ancienne Union Soviétique. Des spécialistes de l’œuvre de Camus des deux côtés de l’ancien Rideau de fer ont également participé à cet ouvrage. Deux consensus marquent les interventions ici réunies :
Camus, engagé dans son siècle, s’était mis au service de la vérité et de la liberté, indissociables pour lui de la justice et de la beauté, et il refusa, avec « tristesse », de considérer les régimes installés à l’Est comme révolutionnaires ;
cette position politique, ainsi que le combat de l’auteur contre le silence, contre le mensonge et contre les mystifications de la propagande, tant de droite que de gauche, tant de l’Est que de l’Ouest, ont persuadé les dissidents de poursuivre leur combat, leur donnant le sentiment qu’ils n’étaient pas seuls mais qu’ils participaient à un dialogue humaniste à travers les systèmes.
Un beau témoignage de la gratitude envers Camus, pour sa solidarité, est le portrait d’un artiste letton — Kurts Fridrihsons — peint dans les années 1950 dans un camp de concentration du « gulag » soviétique en Sibérie (voir la « une » de couverture de cet ouvrage).