CATALOGUE/TITRE

CAPITAINE SUPERBE

  • 2009
  • - 170 pages
  • - 14 x 20,5 cm
  • - ISBN: 9782914980760
  • - 13.00€
Thèmes :


EPUISE

Les troupes allemandes ont franchi la ligne de démarcation en novembre 1942. La 6e Panzerdivision a investi Saint-Girons. La Gestapo traquait les passeurs, les juifs et tous les candidats à l’exil. Aidés par des miliciens français très zélés, les nazis laissaient des plaies ouvertes derrière eux. Exécutions d’habitants par la compagnie Das Reich (qui martyrisera Oradour-sur-Glane plus tard), représailles destructrices contre un village... Heureusement, les maquis composés de communistes, de FTP-MOI, de républicains espagnols... ne manquaient pas d’énergie pour changer le cours des choses.

Le titre du livre de Gaston Massat est trompeur. Le capitaine Superbe n’est pas un maquisard héroïque. Ce n’est qu’un minable parmi les minables, une brute épaisse, un salaud de collabo prêt à tout pour terroriser la population avec une petite bande de lâches. Avec sa clique de pourris, ils sont tour à tour assassins, pillards, violeurs, tortionnaires… Leurs moments d’ivrognerie sont ponctués par les chants de la LVF, la Légion des volontaires français contre le bolchevisme. Comme des chiens fous, ils aiment débarquer chez les gens en gueulant « police allemande ». Chaque jour, des juifs « disparaissent », des communistes et même des « mauvais catholiques » sont fusillés. Ils brûlent des maisons, ils abattent un député qui avait soutenu Sacco et Vanzetti, ils achèvent leurs victimes à coups de pelle, ils maquillent leurs crimes pour tenter de discréditer les maquisards...

La seule qualité du Capitaine Superbe, c’est d’avoir une fille superbe. Marie est profondément dégouttée par son père depuis qu’elle l’a vu tuer sa mère à coups de pied, depuis que des hommes sont abattus devant sa porte. Marie est tout le contraire de son père (qui aura une fin digne de sa vie glauque). En prime, Marie aime Raoul, un résistant caché dans le maquis. Le débarquement des Alliés en Normandie va accélérer les événements. Une embuscade se prépare contre l’armée allemande. Quand la colonne militaire arrive, Raoul aperçoit Marie retenue en otage parmi les boucliers humains que les Allemands et les miliciens français utilisent pour se protéger sur la route de « Rivals » qui est en flammes. FTPF d’un côté, guérilleros anarchistes espagnols du MLE (mouvement libertaire en exil) de l’autre, les antifascistes passent à l’attaque. Après des combats acharnés, l’ennemi capitule.

La fiction n’est pas autobiographique, mais le tableau est juste parce qu’il s’appuie sur des moments historiques comme la violente bataille de Rimont où, les 21 et 22 août 1944, 400 maquisards français et espagnols mal armés vinrent à bout de 1500 soldats allemands et turkestanais (les « Mongols ») munis de canons et de mitrailleuses. Le récit est également poignant par le fait que la montagne, les arbres, les rivières sont des personnages à part entière. Très présent, le paysage sauvage semble attendre aussi la fin de la tempête meurtrière.


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