Né le 1er mai 1884 à Nancy, Eugène Dieudonné est impliqué dans l’affaire Bonnot, quand Peemans et Caby, employés de la Société Générale, prétendent le reconnaître comme leur agresseur dans l’attentat de la rue Ordener, à Paris, le 21décembre 1911. Arrêté le 19 février 1912, Dieudonné comparaît le 3 février 1913 avec les rescapés de la bande à Bonnot, devant la cour d’assises de la Seine. Bien que, Garnier d’abord, Bonnot ensuite l’aient innocenté, Caby maintient ses accusations : Je le jure que c’est lui [...] je le jure sur la tête de ma petite fille. C’est vous mon agresseur ("Gazette des Tribunaux", 9 février). En vain, Dieudonné proteste de son innocence. Le 28 février 1913, il est condamné à la peine de mort. La sentence prononcée, Callemin, qui venait lui-même d’être condamné à la même peine, déclare être, avec Garnier, l’auteur de l’agression contre Caby : Dieudonné ne se trouvait pas rue Ordener. Mais cette déposition arrive trop tard. La peine capitale de Dieudonné est commuée en travaux forcés à perpétuité. Au bagne, il tente plusieurs fois de s’évader. Il y réussi le 6 décembre 1926. Il est finalement grâcié, après les campagnes d’Albert Londres et de Louis Roubaud, et s’établit alors comme fabricant de meubles dans le faubourg Saint-Antoine où il écrit La vie des forçats, préfacée par Albert Londres. Il meurt le 21 août 1944, à l’hôpital d’Eaubonne (Seine et Oise).