La renommée de ce journal qui parut sporadiquement dans la dernière décennie du XIXe siècle et s’inspirait du Père Duchesne du révolutionnaire Jacques Hébert, dépasse les milieux anarchistes. Il la doit à son style très coloré, « espatrouillant », et à son argot plein de verve qui reste très compréhensible aujourd’hui. Un appareil critique soigné accompagne les extraits. Les articles, présentés par ordre chronologique, sont composés dans des caractères rappelant ceux de l’époque et la maquette est conçue dans un style « journal ». Sa (re)lecture, ici proposée chronologiquement, illustre ainsi l’évolution de l’anarchisme français vers le syndicalisme, à travers des événements comme le boulangisme, le scandale de Panama, les attentats à la dynamite et l’affaire Dreyfus. Avec ses nombreux échos d’entreprises, Le Père Peinard constitue aussi un témoignage de première main sur la condition des ouvriers de l’époque, ainsi que sur leurs luttes contre les " capitalos " et les " vautours ", les " endormeurs " et les " ratichons ", les " sergots " et les " galonnards ", sans oublier les " bouffe-galette " du " Palais-Bourbeux ".