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À l’aube du 27 mai 1964, le corps de Luc Taron, onze ans, est découvert dans la forêt de Verrières-le-Buisson, près de Paris. Quelques heures plus tard, un inconnu revendique le crime. Bientôt, une pluie de messages signés « l’Étrangleur » s’abat sur Paris, visant aussi bien les services de police que les journalistes, voire les parents de la victime. Le scripteur continue de s’accuser du meurtre, mais aussi de crimes fictifs, puisant ses arguments dans la presse, dans son imagination fertile et, parfois, dans la vie privée de l’étrange couple Taron. Surtout, il s’en prend à cette France de l’après-guerre d’Algérie et de l’avant-mai 68, fustigeant une police coupable d’exactions et moquant le voyeurisme des marchands de papier.Quarante jours durant, il tient les Unes et passionne la France. Les Trente glorieuses ont-elles accouché de leur monstre ? Le 5 juillet 1964, « l’Étrangleur » est démasqué. Lucien Léger, un infirmier psychiatrique de 27 ans, avoue être le corbeau, puis le meurtrier. Il reviendra vite sur ses aveux. Condamné, en mai 1966, à la réclusion criminelle à perpétuité, Léger restera plus de quarante et un ans en prison et son cas, devenu celui du « plus ancien prisonnier de France », interrogera les magistrats de la Cour européenne des droits de l’homme. Sans jamais avoir cessé de clamer son innocence, Lucien Léger meurt en juillet 2008, trois ans après une libération très médiatisée.

Cet ouvrage est le fruit de cinq années de recherches (archives de police, dossier d’instruction, archives des avocats, dossier de presse complet de l’époque...). Pas à pas et à l’appui d’éléments ignorés du grand public, les auteurs reconstituent le déroulement de ce qui fut l’une des principales affaires criminelles de l’après-guerre, depuis l’incroyable feuilleton orchestré par « l’Étrangleur » en quarante jours-épisodes, jusqu’à la construction de la culpabilité et la terrible destinée de Lucien Léger. Voici le récit de ce voleur de crimes.


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