CATALOGUE/TITRE

Ce choix de textes inclinera fortement à l’abstention, mais il s’agit surtout de montrer la relativité des élections dans les sociétés contemporaines. Rien de mieux pour éclairer les électeurs lassés d’être les éternels dindons de la farce électorale que ce choix de textes. Choisis chez les anarchistes (d’hier et d’aujourd’hui), mais aussi chez des auteurs de toutes tendances, dont un certain François Mitterrand qui, dans son Coup d’Etat permanent, livra, au début des années 1960, une charge pertinente contre la « dangereuse » Constitution de la Ve République. Lorsqu’elles ne sont ni truquées ni faussées - ce qui est le cas, d’une manière ou d’une autre, dans la majorité des pays -, les élections n’offrent qu’un état de l’opinion ; état qui est déterminé par le jeu des forces économiques, militaires et sociales, intérieures et extérieures. Autrement dit, les élections ne font qu’entériner ces rapports de forces, mais elles ne les créent pas. Dans les pays riches, le système politique organise l’alternance au pouvoir de deux partis, qui mènent à peu près la même politique procapitaliste. Les deux blocs se neutralisant, la décision est faite à chaque élection par quelques centaines de milliers d’électeurs du centre. Les petits partis extrémistes ne peuvent que graviter autour de ces blocs, et ne peser que marginalement sur leur politique. Même l’abstention est intégrée - parfois même encouragée - par le système, puisqu’elle réunit, autour des " apolitiques ", les déçus de la droite et de la gauche. Elle reste pourtant l’attitude la plus claire, sinon toujours la plus raisonnable, pour qui ne veut pas être l’éternel dindon de la farce électorale.


Plan du site | SPIP2 | squelette | | @elastick.net